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FAQ : détail des droits de mutation inclus dans les frais de notaire

Explication détaillée des droits de mutation immobilière, qui les perçoit et possibilités de réduction.

Les droits de mutation, souvent appelés “frais de notaire”, représentent une part importante des coûts lors d’une transaction immobilière. Ils correspondent à des taxes prélevées par les collectivités locales et sont calculés sur le prix de vente du bien. Comprendre leur fonctionnement est essentiel pour anticiper le budget d’un achat immobilier.

Les droits de mutation représentent la part la plus importante des frais de notaire : entre 5,09 % et 5,81 % du prix d’achat pour un bien ancien. Ce sont des taxes collectées par le notaire puis reversées à l’État et aux collectivités locales. Comprendre leur fonctionnement permet d’anticiper le coût réel de votre acquisition et, dans certains cas, de les réduire légalement.

Qu’est-ce que les droits de mutation immobilière précisément ?

Les droits de mutation — aussi appelés droits d’enregistrement ou droits de mutation à titre onéreux (DMTO) — sont des taxes obligatoires dues lors de tout transfert de propriété immobilière à titre onéreux (c’est-à-dire contre paiement).

Ils ne constituent qu’une partie des frais de notaire. Le terme “frais de notaire” est en réalité un raccourci trompeur : la rémunération propre du notaire (ses émoluments) ne représente qu’une fraction mineure de la somme totale. Les droits de mutation, eux, constituent environ 80 % du montant global des frais de notaire dans l’ancien.

Ces droits sont exigibles au moment de la signature de l’acte authentique de vente.

Qui sont les bénéficiaires des droits de mutation immobilière ?

C’est là où beaucoup de primo-accédants sont surpris : les droits de mutation ne vont pas dans la poche du notaire. Le notaire joue uniquement le rôle de collecteur fiscal.

Les fonds sont répartis entre plusieurs bénéficiaires :

  • Le département : il perçoit la taxe de publicité foncière, fixée à 4,50 % du prix de vente (taux standard). C’est la part la plus importante.
  • La commune ou l’intercommunalité : une taxe additionnelle communale de 1,20 % s’y ajoute dans la quasi-totalité des cas.
  • L’État : il perçoit un prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement, calculé sur la taxe départementale (soit 2,37 % de celle-ci, ce qui représente environ 0,11 % du prix de vente).
  • La région : une fraction était historiquement prévue mais a été supprimée ; elle est désormais intégrée dans les taux départementaux.
BénéficiaireTaux appliquéBase de calcul
Département4,50 % (taux standard)Prix de vente
Commune / EPCI1,20 %Prix de vente
État (frais d’assiette)~0,11 %Prix de vente
Total DMTO~5,81 %Prix de vente

Cas particulier : certains départements ont choisi de maintenir leur taux à 3,80 % (au lieu de 4,50 %). En 2025-2026, seuls l’Indre (36) et Mayotte appliquent ce taux réduit. Cela abaisse le total à environ 5,09 %.

Comment sont calculés concrètement les droits de mutation immobilière ?

Le calcul s’applique sur le prix acte en main, c’est-à-dire le prix de vente tel qu’il figure dans l’acte authentique, hors meubles éventuels.

Exemple 1 — Appartement ancien à Lyon (69) à 250 000 €

  • Taxe départementale (4,50 %) : 11 250 €
  • Taxe communale (1,20 %) : 3 000 €
  • Prélèvement État (~0,11 %) : 270 €
  • Total DMTO : ~14 520 €

Les frais de notaire totaux (DMTO + émoluments + débours) s’élèveront à environ 17 000–18 000 €.

Exemple 2 — Maison ancienne à Châteauroux (36, Indre) à 180 000 €

L’Indre applique le taux réduit départemental de 3,80 %.

  • Taxe départementale (3,80 %) : 6 840 €
  • Taxe communale (1,20 %) : 2 160 €
  • Prélèvement État : ~160 €
  • Total DMTO : ~9 160 € (contre ~10 440 € en taux plein)

L’économie représente environ 1 280 € sur ce seul paramètre.

Quelles sont les différences de droits de mutation entre l’immobilier neuf et l’ancien ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes chez les primo-accédants. La réponse est simple : les droits de mutation sont quasi absents dans le neuf.

Pour un achat en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) ou un logement neuf jamais habité vendu dans les 5 ans suivant l’achèvement :

  • La TVA (20 %) remplace les droits de mutation.
  • Les droits d’enregistrement sont réduits à 0,715 % du prix de vente.
  • Les frais de notaire totaux tombent à 2 % à 3 % du prix, contre 7 % à 8 % dans l’ancien.

Exemple 3 — Appartement neuf à Bordeaux à 300 000 €

  • TVA déjà incluse dans le prix promoteur.
  • Droits d’enregistrement (0,715 %) : 2 145 €
  • Émoluments du notaire + débours : ~4 500 €
  • Total frais de notaire : ~6 645 €

Vs. un bien ancien au même prix : les frais de notaire auraient dépassé 21 000 €.

C’est l’un des avantages méconnus de l’achat dans le neuf — consultez notre guide Achat en VEFA : Guide Complet pour le Primo-Accédant pour aller plus loin.

Quelles sont les possibilités d’exonération ou de réduction des droits de mutation ?

Oui, plusieurs dispositifs permettent de réduire la base taxable ou le montant des droits.

La déduction du mobilier

Si le bien vendu contient des meubles de valeur (cuisine équipée, placards sur mesure, électroménager), il est possible de les valoriser séparément dans l’acte. Les droits de mutation ne s’appliquent alors que sur la partie immobilière.

À respecter absolument :

  • La valeur du mobilier doit être réaliste et justifiable (devis, factures).
  • Elle ne peut pas dépasser 5 % du prix total (au-delà, l’administration fiscale peut requalifier).
  • Un inventaire précis doit être annexé à l’acte.

Impact concret : sur un bien à 300 000 € avec 10 000 € de meubles valorisés, les droits de mutation se calculent sur 290 000 € → économie d’environ 581 €.

Le PTZ et l’exonération partielle pour certains primo-accédants

Le Prêt à Taux Zéro ne réduit pas directement les droits de mutation, mais certaines collectivités locales offrent des abattements sur la taxe communale pour les primo-accédants. Ces dispositifs varient selon les communes et sont à vérifier directement en mairie.

Pour en savoir plus sur le PTZ et son optimisation : PTZ 2025 : Conditions, Montants et Simulation.

L’achat en zone prioritaire (ANRU)

Dans certaines zones d’aménagement ou quartiers prioritaires de la politique de la ville, des taux réduits peuvent s’appliquer. Renseignez-vous auprès de votre notaire.

L’acquisition de parts de SCI ou via certains montages

Dans le cadre d’achats en société, les règles diffèrent. Mais pour un primo-accédant classique, cela reste marginal.

Est-il possible de négocier le montant des droits de mutation ?

Non. Les droits de mutation sont des taxes légalement fixées. Ils ne sont ni négociables avec le vendeur, ni modifiables par le notaire. Seule la loi ou une délibération du Conseil Général (pour la part départementale) peut faire évoluer les taux.

Ce qui reste négociable, en revanche :

  • Le prix de vente (base de calcul des droits)
  • La valorisation du mobilier
  • Les émoluments du notaire au-delà de 150 000 € (remise possible jusqu’à 20 % sur la partie variable)

Pour maximiser vos leviers financiers lors de votre premier achat, pensez aussi à explorer le Prêt Immobilier Sans Apport : Est-ce Possible en 2025 ? et le Calcul de l’apport minimum pour un achat immobilier.

Quand doit-on régler les droits de mutation immobilière ?

Les droits de mutation sont versés le jour de la signature de l’acte authentique chez le notaire. En pratique, le notaire vous demande de provisionner l’intégralité des frais (DMTO + émoluments + débours) quelques jours avant la signature, via virement bancaire.

Attention : contrairement à certaines idées reçues, les droits de mutation ne sont pas inclus dans le prêt immobilier classique. Sauf accord exceptionnel, la banque finance le prix du bien, pas les frais annexes. C’est pourquoi les banques exigent généralement un apport personnel couvrant au minimum les frais de notaire.

Les étapes de paiement :

  1. Le notaire calcule le montant total estimé
  2. Il vous adresse un appel de fonds environ 5 à 10 jours avant la signature
  3. Vous virez la somme sur le compte séquestre du notaire
  4. Le jour J, après signature, le notaire reverse les DMTO à la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP)

Questions fréquentes

Les droits de mutation sont-ils les mêmes dans toute la France ?

Non, il existe de légères variations selon les départements. Tous les départements métropolitains ont adopté le taux maximum de 4,50 % pour leur part, à l’exception de l’Indre (36) qui maintient 3,80 %. La taxe communale reste uniformément fixée à 1,20 %. En pratique, le taux total oscille donc entre 5,09 % et 5,81 % du prix de vente selon la localisation du bien.

Les droits de mutation sont-ils déductibles des impôts ?

Pour une résidence principale, non : les droits de mutation ne sont pas déductibles de l’impôt sur le revenu. En revanche, pour un investissement locatif, ils peuvent être intégrés au prix de revient du bien et ainsi majorer les charges déductibles ou l’amortissement (selon le régime fiscal choisi). Consultez un conseiller fiscal pour votre situation spécifique.

Faut-il payer des droits de mutation pour une donation immobilière ?

Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) ne s’appliquent pas aux donations. Ce sont des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) qui entrent en jeu — avec des abattements familiaux et des barèmes différents. Les deux régimes sont distincts et ne doivent pas être confondus.

Comment sont calculés les droits de mutation sur un achat en indivision ?

Les droits de mutation s’appliquent sur la totalité du prix de vente, quel que soit le nombre d’acquéreurs. Deux personnes qui achètent ensemble à 300 000 € paieront les mêmes DMTO qu’un acheteur seul : environ 17 400 €. La répartition de ces frais entre co-acheteurs se fait ensuite selon leurs quotes-parts respectives dans l’indivision.

Les droits de mutation sont-ils remboursés si la vente est annulée après la signature ?

Si la vente est annulée après la signature de l’acte authentique pour une raison qui n’est pas liée à une résolution judiciaire, les droits déjà versés à l’État ne sont généralement pas remboursables. En cas de résolution judiciaire d’une vente (annulation par décision de justice), un remboursement partiel peut être demandé dans un délai strict. Il est donc crucial de bien activer les clauses suspensives avant de signer — notamment la clause suspensive de prêt pour vous protéger en amont de l’acte définitif.

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