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Guide budget achat immobilier : conseils pratiques #5
Conseils et calculs pour établir son budget pour un premier achat immobilier. Cas pratique numéro 5 avec exemples et conseils adaptés aux primo-accédants immobilier.
Établir un budget précis est la première étape cruciale pour concrétiser un premier achat immobilier. Ce guide vous fournit des conseils pratiques et des calculs détaillés pour définir votre capacité d’emprunt, estimer les frais annexes et mobiliser les aides disponibles.
Établir son budget pour un premier achat immobilier, c’est la première étape — et souvent la plus délicate. Dans ce cinquième cas pratique, on décortique une situation concrète de primo-accédant en 2025-2026 pour vous montrer, chiffres à l’appui, comment bâtir un budget solide et éviter les mauvaises surprises.
Qui est le primo-accédant dans ce cas pratique numéro 5 ?
Pour ce guide, prenons le profil de Lucas, 31 ans, employé dans le secteur privé en Île-de-France.
Voici sa situation :
- Revenu net mensuel : 2 800 €
- Épargne disponible : 22 000 €
- Situation : locataire, loyer actuel de 850 €/mois
- Projet : acheter un appartement T2 dans une ville de la grande couronne parisienne
- Prix cible du bien : 190 000 € (hors frais de notaire)
Lucas n’a aucune autre dette en cours. Il veut emprunter le maximum possible tout en gardant une marge de sécurité.
Comment calculer la capacité d’emprunt de ce primo-accédant ?
La règle de base imposée par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) est simple : les mensualités de crédit ne doivent pas dépasser 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse.
Pour Lucas, le calcul est le suivant :
2 800 € × 35 % = 980 €/mois de mensualité maximale
Avec un taux moyen constaté en 2025 autour de 3,55 % sur 25 ans et une assurance à 0,30 %/an, la capacité d’emprunt estimée tourne autour de 175 000 à 180 000 €.
Lucas peut donc envisager son achat — à condition de bien doser son apport personnel.
Quel montant faut-il prévoir pour les frais annexes lors d’un achat immobilier ?
Le prix affiché d’un bien n’est jamais le coût réel. En achat dans l’ancien (ce qui est le cas de Lucas), il faut ajouter :
Les frais de notaire (environ 7 à 8 % dans l’ancien) :
- 190 000 € × 8 % = 15 200 €
Les frais de garantie (caution ou hypothèque) :
- Entre 1 et 1,5 % du capital emprunté, soit environ 1 800 à 2 500 € pour 175 000 € empruntés
Les frais de dossier bancaire :
- Entre 500 € et 1 500 € selon les établissements
Un éventuel courtier :
- Souvent entre 1 000 € et 1 500 € (honoraires fixes), mais il peut vous faire économiser beaucoup plus sur le taux. Voir notre guide Comment utiliser un courtier pour son premier achat immobilier.
| Poste de dépense | Montant estimé (Lucas) |
|---|---|
| Frais de notaire (8 %) | 15 200 € |
| Frais de garantie (caution) | 1 900 € |
| Frais de dossier bancaire | 1 000 € |
| Courtier immobilier | 1 200 € |
| Déménagement + divers | 1 500 € |
| Total frais annexes | ~20 800 € |
Lucas dispose de 22 000 € d’épargne. Il lui reste donc environ 1 200 € de marge après les frais. C’est juste — mais faisable.
Quel apport personnel est nécessaire pour un premier achat immobilier ?
L’apport minimum recommandé est de 10 % du prix du bien, pour couvrir les frais de notaire et rassurer la banque.
Dans notre cas pratique :
- Prix du bien : 190 000 €
- Apport recommandé (10 %) : 19 000 €
- Apport de Lucas : 22 000 €
Il est légèrement au-dessus du seuil — ce qui est positif pour le dossier bancaire. Mais il ne peut pas injecter plus sans se retrouver sans aucune réserve. Les banques apprécient que l’emprunteur conserve au moins 1 000 à 3 000 € d’épargne résiduelle après achat.
Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez notre guide Calcul de l’apport minimum pour un achat immobilier en 2024.
Quelles aides à l’accession à la propriété Lucas peut-il mobiliser en 2025 ?
C’est ici que le budget peut vraiment s’améliorer. Plusieurs dispositifs sont accessibles aux primo-accédants.
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ 2025)
Le PTZ a été réformé et élargi en 2025. Lucas, achetant dans une zone tendue (grande couronne parisienne, zone B1), peut y prétendre.
Conditions clés :
- Revenus de Lucas (2 800 € net/mois × 12 = 33 600 €/an) → sous le plafond pour un achat en zone B1 (environ 37 000 € pour 1 personne)
- Achat dans l’ancien avec travaux de rénovation énergétique représentant au moins 25 % du coût total OU achat dans le neuf en zone tendue
Si Lucas opte pour un logement neuf ou un achat avec travaux éligibles, il peut obtenir un PTZ de jusqu’à 40 % du coût de l’opération, soit potentiellement 76 000 € sans intérêts. Cela modifie radicalement son équation budgétaire.
Voir notre guide complet PTZ 2025 : Conditions, Montants et Simulation.
Le Prêt Action Logement
Si Lucas travaille dans une entreprise de plus de 50 salariés, il peut solliciter un Prêt Action Logement à taux réduit (entre 1 % et 2 % en 2025 selon les cas), jusqu’à 40 000 € pour l’Île-de-France.
Cumulé avec le PTZ, cela peut lui permettre d’emprunter le reste à la banque dans des conditions bien plus légères.
Comment construire un plan de financement complet pour un achat immobilier ?
Voici le plan de financement reconstitué pour Lucas, en intégrant les aides :
Scénario 1 — sans aides
- Prix d’achat : 190 000 €
- Frais annexes : 20 800 €
- Total opération : 210 800 €
- Apport Lucas : 22 000 €
- Emprunt bancaire nécessaire : 188 800 €
- Mensualité sur 25 ans à 3,55 % + assurance : ~1 005 €/mois → dépasse légèrement le seuil de 35 %
Scénario 2 — avec PTZ + Action Logement
- Prix d’achat : 190 000 €
- Frais annexes : 20 800 €
- Total opération : 210 800 €
- Apport Lucas : 22 000 €
- PTZ (25 % du prix) : 47 500 €
- Prêt Action Logement : 30 000 €
- Emprunt bancaire nécessaire : 111 300 €
- Mensualité prêt principal sur 20 ans à 3,55 % : ~645 €/mois → très confortable
La différence est flagrante. Avec les aides, Lucas passe d’une situation limite à une situation saine, avec une mensualité totale (PTZ différé + Action Logement + prêt principal) autour de 780 à 850 €/mois.
Quelles erreurs budgétaires faut-il absolument éviter lors d’un achat immobilier ?
De nombreux primo-accédants font des erreurs similaires. Voici les plus fréquentes :
- Oublier les frais de notaire dans le calcul initial — c’est le piège numéro 1
- Sous-estimer les travaux : même un appartement “en bon état” nécessite souvent 5 000 à 15 000 € de rafraîchissement
- Ne pas vérifier l’étiquette DPE : un bien classé F ou G implique des travaux obligatoires à court terme. Lisez notre guide Diagnostic Immobilier : Obligations Avant de Vendre ou Acheter
- Ignorer les charges de copropriété : 150 à 400 €/mois selon la résidence, à intégrer dans le reste à vivre
- Ne pas anticiper les frais de déménagement et d’installation (électroménager, meubles, peinture) : prévoir au moins 3 000 à 5 000 €
- Négliger l’assurance emprunteur : elle représente entre 0,10 % et 0,50 % du capital assuré par an. Sur 25 ans, l’écart entre un bon et un mauvais contrat peut atteindre 10 000 à 20 000 €. Voir notre guide Assurance Emprunteur : Économisez sur votre Crédit Immobilier
Quel reste à vivre Lucas peut-il espérer après son achat immobilier ?
Un élément souvent négligé dans la construction du budget : le reste à vivre.
Après achat, Lucas aura :
- Revenus nets : 2 800 €
- Mensualité totale crédit (scénario 2) : ~830 €
- Charges de copropriété estimées : 200 €
- Taxe foncière (lissée sur 12 mois) : ~80 €/mois
- Reste à vivre : 1 690 €/mois
C’est un niveau correct pour une personne seule en grande couronne parisienne. Les banques vérifient généralement que le reste à vivre est supérieur à 1 200-1 500 € pour un célibataire.
Quelles sont les étapes pour construire son budget immobilier en 2025-2026 ?
Voici la méthode en 6 étapes applicables à n’importe quel profil de primo-accédant :
- Calculer sa capacité d’emprunt → revenus nets × 35 % = mensualité max
- Ajouter les frais annexes au prix du bien (notaire, garantie, dossier)
- Vérifier les aides mobilisables : PTZ, Action Logement, PAS, aides locales
- Construire le plan de financement avec tous les prêts combinés
- Calculer le reste à vivre pour valider la soutenabilité du projet
- Prévoir une réserve d’au moins 3 000 € post-achat pour les imprévus
Quelles sont les questions fréquemment posées concernant le budget d’un premier achat immobilier ?
Combien dois-je gagner pour acheter un bien à 190 000 € en 2025 ?
Avec un emprunt classique sans apport conséquent, il faut environ 2 500 à 2 800 € net/mois pour financer un bien à 190 000 € sur 25 ans. Avec le PTZ et d’autres aides, ce seuil peut descendre à 2 200 €/mois.
Peut-on acheter sans apport en 2025 ?
C’est possible mais rare. Quelques banques acceptent de financer 100 % du prix du bien (hors frais de notaire) pour des profils très solides. Dans la majorité des cas, il faut au minimum 10 % d’apport pour couvrir les frais annexes. Notre guide Prêt Immobilier Sans Apport : Est-ce Possible en 2025 ? détaille les conditions.
Le PTZ est-il vraiment accessible en 2025 ?
Oui, le PTZ a été réformé et élargi pour couvrir davantage de zones et de profils en 2025. Les plafonds de revenus ont été relevés, et le dispositif s’applique désormais aussi à certains logements anciens avec travaux. Il faut vérifier les conditions selon sa zone géographique.
Faut-il inclure les travaux dans son budget dès le départ ?
Absolument. Les travaux doivent être intégrés dans le plan de financement global, idéalement via un prêt travaux intégré au crédit immobilier principal. Un bien avec des travaux peut aussi permettre d’accéder au PTZ dans l’ancien ou à d’autres aides de rénovation (MaPrimeRénov’, éco-PTZ).
Comment savoir si mon dossier est solide avant d’aller en banque ?
Avant de vous présenter à votre banque, consultez un courtier. Il analysera votre dossier gratuitement (ses honoraires sont souvent payés par la banque qui obtient le crédit) et vous donnera une vision réaliste de votre capacité d’emprunt et des conditions que vous pouvez obtenir.